Évangile : Jn 1, 29-34
ATO 2 dimanche 18 janvier 2026
Is 49, 3.5-6 : Le Seigneur m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur. » Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob, que je lui rassemble Israël. Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »
Ps 39 : D’un grand espoir j’espérais le Seigneur : il s’est penché vers moi Dans ma bouche il a mis un chant nouveau, une louange à notre Dieu. Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : « Voici, je viens. » Dans le livre, est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse. Mon Dieu, voilà ce que j’aime : ta loi me tient aux entrailles. Vois, je viens. » Dans le livre, est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse. Mon Dieu, voilà ce que j’aime : ta loi me tient aux entrailles. Vois, je ne retiens pas mes lèvres, Seigneur, tu le sais. J’ai dit ton amour et ta vérité à la grande assemblée.
1 Co 1, 1-3 : Paul, appelé par la volonté de Dieu pour être apôtre du Christ Jésus, et Sosthène notre frère, à l’Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus et sont appelés à être saints avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre. À vous, la grâce et la paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.
Jn 1, 29-34 : En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : ‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.’ Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »
Dimanche 18 janvier 2026 : 2ème dimanche du Temps Ordinaire A
La Liturgie bégaie-t-elle ? Nous revoilà au bord du Jourdain avec Jésus et Jean-Baptiste.
Dimanche dernier, nous contemplions le récit de St Matthieu du Baptême de Jésus. Aujourd’hui St Jean reprend le même thème. Excellente occasion de mieux comprendre le Mystère du Christ et de son Eglise.
La Bible en général et les Evangiles en particulier nous offrent une vision polysémique, polyphonique de Dieu. C’est normal : notre Dieu est Trine. Il nous faut bien quatre Evangiles pour accueillir la Bonne Nouvelle !
Si nous acceptons qu’ainsi la Vérité incarnée s’est révélée dans la nuance que permet ce récit à plusieurs mains, alors notre Vie en est transformée : nous comprenons que nous avons besoin de plusieurs avis, opinions, regards pour discerner le réel terrestre comme la Révélation de Dieu.
Nous sommes donc conviés à écouter que Jésus est le Fils Bien-Aimé que le Père nous révèle dans l’Evangile de dimanche dernier. C’est une vision de Sa réalité éternelle : Jésus est Dieu aimé par son Père qui l’engendre de toute éternité.
Nous sommes donc conviés à écouter que Jésus s’est aussi incarné pour nous, pour ôter le péché du Monde, non en l’effaçant, mais en l’assumant jusqu’à devenir péché pour nous, et nous a sanctifié comme nous le disait st Paul dans la deuxième lecture.
L’Evangile nous parle habituellement de la Trinité. Parfois, comme ici, c’est explicitement. Chacun des trois se met au service des autres :
– Le Père révèle le Fils comme Celui qui baptise dans l’Esprit.
– Le Fils nous révèle l’Amour du Père en se laissant révéler par Lui et par la manifestation si rarement visible de l’Esprit à l’œuvre.
– L’Esprit qui baptise est annoncé comme promesse. Il confirme la Parole du Père et désigne le Fils.
Si Père et Fils et Saint Esprit se révèlent ainsi comme Serviteurs les uns des autres, ils nous appellent nous même à le devenir.
En deux textes, nous voilà appelés comme Isaïe l’annonce, dans la première lecture, à accueillir cette Parole du Seigneur : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur. » Oui, Jésus s’est fait Homme pour que nous devenions Serviteurs du Père comme Lui-même, premier concerné par l’accomplissement de la prophétie d’Isaïe. La mission de Jésus comme Agneau de Dieu n’est pas seulement grâce pour nous, elle est aussi appel pour nous. Elle nous met nous aussi en route à sa suite et à son exemple.
Cet Evangile de ce jour est assez important dans sa révélation centrale pour que nous la chantions en communauté chaque après-midi à l’office de None : « A sa vue Jean s’écria : Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ».
Pourquoi donc un Agneau ? L’agneau est celui qu’Isaac attend de voir sacrifié par son père (Gn 22, 7-8) celui que chaque famille offre à la Pâque pour marquer la sortie d’esclavage et protéger de l’Exterminateur (Ex 12). Ce sera aussi le sacrifice pour la purification, pour la réparation (Lv 14, 10-13) l’expiation (21-25) celui de Pentecôte et du Naziréat (Nb 6, 12-16). Ce sont aussi les deux agneaux offerts quotidiennement au Temple en holocauste perpétuel, un au matin et un au coucher du soleil … à l’heure de la mort de Jésus, sacrifice d’agréable odeur (Lv 29, 38-42). Et bien sûr c’est l’agneau pascal :
« Car notre agneau pascal a été immolé : c’est le Christ » affirme St Paul aux Corinthiens (1 Co 5, 7) « agneau sans défaut et sans tache, le Christ. » ajoute Pi 1, 13. C’est l’Agneau immolé de l’Apocalypse (Ap 5, 9-11). Cet Agneau qui ôte le péché du monde, le protège et règne après avoir été immolé. A elle seule cette figure de l’Agneau résume la mission de Jésus. Cela méritait bien une nouvelle contemplation auprès de Jean-Baptiste pour ouvrir notre Temps liturgique Ordinaire.
Que l’Agneau de Dieu nous mène tous ensemble aux pâturages éternels. Amen

