Homélie du 21/12/2025, 4e dimanche de l’Avent année A par père Raphaël

Première lecture : Is 7, 10-16 Deuxième lecture : Rm 1, 1-7 Évangile : Mt 1, 18-24

Le compte à rebours est lancé, voici la dernière étape avant Noël. Voici que s’accomplit la Parole du Seigneur :

D’abord voici l’annonce comme un signe par Isaïe que la Vierge engendrera un fils, qu’elle appellera Emmanuel : Dieu avec nous. Cette annonce intervient face à une guerre d’invasion. Elle appelle à la confiance non en une contre-alliance politique mais en la confiance en Emmanuel : Dieu avec nous, Dieu qui sauve : Jésus. C’est au moment le plus déroutant pour le Roi Acaz que lui est annoncé l’intervention de Dieu qui sauve. C’est l’amorce d’un conflit de légitimité entre le politique et la Révélation, entre solution humaine et intervention divine. Acaz choisit la solution humaine, d’appui sur une nation païenne forte contre les coalisés qui veulent l’attaquer. Dommage ! Mais Dieu est têtu, il ne désespère pas de l’Homme !

Voici maintenant l’annonce à Joseph, en songe cette fois-ci. Cette annonce intervient face à une nouvelle déroutante : sa fiancée, Marie, est enceinte avant leur union. Cette annonce intervient face à une légitime inquiétude et appelle à la confiance non en une répudiation secrète, mesure toute humaine comme les alliances d’Acaz, mais en la confiance en Dieu qui sauve et réalise son plan à Lui. C’est au moment le plus déroutant pour Joseph, descendant d’Acaz que lui est annoncé l’intervention de Dieu. Dans ce conflit de légitimité entre la Loi et l’Ange du Seigneur, Joseph choisit la solution de la confiance, l’appui sur la révélation reçue en songe. Il fait confiance et prend chez lui son épouse, légitimant ainsi l’enfant à naître comme descendant de David. Joseph laisse Dieu sauver son Peuple. Joie sur la terre !

St Paul dans la lettre aux Romains reprend ce thème du Fils « né de la descendance de David. » D’une naissance semblable extérieurement à tant d’autres, Dieu fait merveille : il accomplit le Salut par la naissance selon la chair du Fils éternel, puis la Croix, la Résurrection et la Pentecôte. Il ne s’agit pas d’un détail de l’Histoire survenu dans une lointain banlieue de l’Empire Romain mais du basculement de l’Histoire ! Même le calendrier de la Poste nous situe à la fin de l’année 2025 après [la naissance de] Jésus-Christ.

Pourtant cette naissance même si nous la reconnaissons ne nous mène à rien si nous nous obstinons, comme Acaz, à refuser que ce soit un signe venant du Dieu qui seul sauve et lui préférons la sécurité toute relative d’alliances politiques ou de l’application exacte de la Loi.

Reconnaître cette naissance en vérité c’est renaître avec « Jésus Christ, notre Seigneur, établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts. »

Pour renaître, rêvons de ce que nous voulons vivre, laissons derrière nous nos peurs, renouons avec l’Espérance, vivifions et vivons de l’Alliance que Dieu nous propose aujourd’hui ; une trêve de Noël durable comme l’éternité, un temps de paix pour l’agneau et le loup : c’est aussi simple que d’ouvrir un cadeau, alors redevenons enfants en nos cœurs et désirons déballer le cadeau que Dieu nous offre. Amen.


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