Homélie du 11/01/2026 pour la fête du Baptême du Seigneur par Père Jean-Marc

Première lecture : Is 42, 1-4.6-7 Deuxième lecture : Ac 10, 34-38 Évangile : Mt 3, 13-17

Isaïe 42, 1-4.6-7          Actes des Apôtres 10, 34-38            Matthieu 3, 13-17                  

Comme je vous le disais au début de cette Messe, le Baptême de Jésus célébré en ce jour fait encore partie du temps liturgique de Noël… même si le nourrisson que Marie portait dans ses bras est désormais un homme adulte en pleine possession de ses capacités. Un homme qui, par la démarche extrêmement forte de son baptême dans le Jourdain, atteste que désormais nous ne pouvons plus dissocier notre histoire humaine de celle de Dieu.

Oui, notre foi chrétienne nous permet d’affirmer qu’en cet homme Jésus, baptisé par Jean le Précurseur, c’est Dieu lui-même qui a choisi de se rendre définitivement solidaire de nous tous pécheurs et mortels, afin de nous partager la plénitude de sa Vie d’amour et de liberté à laquelle, croyants ou incroyants, nous aspirons tous, même si le plus souvent nous n’en n’avons pas conscience.

Célébrer, comme nous le faisons aujourd’hui, le Baptême du Seigneur c’est affirmer qu’en lui, Jésus, Dieu a tout assumé de notre réalité humaine. Ce qui fera dire à Saint Paul cette formule étonnante : « Il s’est fait péché pour nous. » Et Thérèse de l’Enfant Jésus : « Il s’est assis à la table des pécheurs. »

Voilà la vérité de l’Amour et ce qui l’authentifie. Dieu ne fait pas semblant. Il va jusqu’au bout du don : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique. »« Ayant aimé les siens, le Seigneur les aima jusqu’à l’extrême.» (Jn 13)

Non seulement le Seigneur Jésus a donné sa vie pour nous sauver de l’emprise mortelle du péché et nous renouveler dans l’espérance, mais il a pris notre place.

Par son baptême Jésus a certes été plongé dans les eaux du Jourdain, mais surtout il s’est plongé volontairement, lui le Seigneur, dans les grandes eaux de nos détresses et révoltes, de nos souffrances et de notre mort. Et cela pour manifester la présence aimante du Père et sa miséricorde. On comprend bien la réaction de Jean-Baptiste, lorsque Jésus est venu à lui pour se faire baptiser : « C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répond : « Laisse faire ! » Tu comprendras plus tard !… Car ce que Jésus veut, par sa plongée dans le Jourdain avec tous les pécheurs qui aspirent à recevoir le pardon de leurs péchés, c’est de s’identifier totalement avec eux afin que rien désormais ne puisse nous séparer de Lui : « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? »

En cette fête du Baptême du Seigneur c’est bien de naissance qu’il est question. Non plus celle de Jésus, mais la nôtre ! Oui, notre propre naissance d’enfants de Dieu et donc de frères et sœurs du Christ. Certes, par notre baptême nous sommes déjà introduits dans cette Vie nouvelle. Encore faut-il que ce qui est en germe grandisse, s’épanouisse et porte beaucoup de fruits.

C’est donc chaque jour qu’il nous reprendre conscience de la grâce sans prix de notre baptême. Et faire en sorte qu’elle devienne pleinement active en nous rendant disponible à l’Esprit Saint, cet Esprit qui reposait sur Jésus et le remplissait de sa force pour répandre le bien et vaincre le mal : « Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. » (Ac 10, 38 – 2ème lecture de cette messe)


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