Homélie du 27/09/2026 26e dimanche ordinaire année A par Père Raphaël

Évangile : « S’étant repenti, il y alla » (Mt 21, 28-32)

« Un homme avait deux fils ». Ici, la ligne de démarcation passe au sein du Peuple d’Israël et donc au sein du cœur de chacun d’entre nous. Aucun des deux fils n’est parfait. Un seul se convertit et agit selon la demande de son Père.

Le premier, l’aîné, l’héritier principal, celui qui a le plus intérêt à aller travailler à la vigne qui un jour lui appartiendra en dédommageant son frère refuse sa mission. « Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. » Il se met en route vers cette Vie et même s’il renâcle ou n’y répond pas naturellement et sans effort, sait rentrer en lui-même et se repentir. Il ne veut pas à priori, dépasse sa volonté propre pour s’associer ensuite à la volonté de son Père et accueillir la mission offerte. La conversion part de la conscience du besoin de changement vers un mieux. C’est un signe du désir de vie. Elle suppose la conscience de l’appel de Dieu à travailler, qui s’incarne dans le besoin de la communauté, ici signifiée par la Vigne. Ezéchiel nous l’affirme dans la première lecture : « Si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie. »

Le second enfant, évite le conflit en disant « oui Seigneur» sans le mettre en œuvre. Il se soumet de bouche, pas en acte. Or ce n’est pas celui qui dit « Seigneur, Seigneur » (Mt 7, 21) qui va jusqu’à la Vie. La Voie de l’obéissance n’est pas toujours facile, attrayante, agréable ni attirante. Il choisit donc de donner priorité à sa volonté propre sur la parole donnée, à la mission confiée, à la relation à son père qui le lui demande, à son frère qui finalement se retrouvera seul à la vigne.

Oui, il y a une voie de la Vie et une de la mort. Et le Père ne contraint pas ses Fils car ce sont des Fils. Ils sont donc libres et non esclaves.

Et puis St Paul nous illustre la voie de la Vie, abondante et généreuse, qui déborde en Vie éternelle ! Il la développe (en Ph 2) en donnant une Règle de Vie à son Eglise, à l’exemple du Christ, soulignant trois notes principales :

– D’abord : recherchez l’unité… qui est l’Esprit Saint Lui-même, harmonisant Unité et diversité, cadre communautaire et jaillissement de Vie. L’Esprit de vie nous prépare au service, à répondre favorablement au désir et besoin d’autrui, à la mission pour laquelle le Seigneur nous a créés, désirés, aimés.

– Ensuite :  estimez les autres supérieurs à vous-mêmes… C’est la clé relationnelle de la fraternité. L’estime mutuelle nous amène à respecter, admirer, aimer nos frères et sœurs en centrant notre regard d’abord sur leur magnifique humanité. C’est le 7° degré d’humilité de la Règle de St Benoît, le porche d’entrée de l’humilité vécue. Cela résonne avec l’appel de St Benoît à accueillir en l’autre le Christ lui-même, surtout en situation de vulnérabilité.

– Enfin :  Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus. St Paul le déploie en ode à l’Incarnation à contempler pour l’imiter. Ce « oui » au Père, Jésus l’accomplit tout au long de l’Incarnation. Jésus s’incarne pour la gloire de Dieu le Père. Et la Gloire de Dieu est que soit transmise à l’Homme cette Vie éternelle et Bienheureuse qui est celle de la Trinité. En vivant notre vie humaine jusqu’au don d’amour total, Jésus en vient à livrer l’Esprit au Père qui nous le donne à la Pentecôte pour devenir nous même d’autres Christ les uns pour et avec les autres. Le « oui » au Père de ponctuel, devient la majeure qui soutient l’ensemble du chant de notre vie d’enfants de Dieu adoptés dans le Fils.

Il nous reste à choisir, si possible avec le meilleur de nos cœurs, cette voie excellente entre toutes : accomplir en soi la volonté du Père qui nous envoie à la Vigne. La vigne commence en nous-mêmes pour s’étendre comme par contagion autour de nous, à l’Inspiration du Saint-Esprit. Amen

A TO 26ème dimanche du Temps Ordinaire 2026

Ez 18, 25-28 : Ainsi parle le Seigneur : « Vous dites : ‘La conduite du Seigneur n’est pas la bonne’. Écoutez donc, fils d’Israël : est-ce ma conduite qui n’est pas la bonne ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ? Si le juste se détourne de sa justice, commet le mal, et meurt dans cet état, c’est à cause de son mal qu’il mourra. Si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie. Il a ouvert les yeux et s’est détourné de ses crimes. C’est certain, il vivra, il ne mourra pas.

Ps 24 : Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours. Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ; dans ton amour, ne m’oublie pas. Il est droit, il est bon, le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin. Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin. 

Ph 2, 1-11 : Frères, s’il est vrai que, dans le Christ, on se réconforte les uns les autres, si l’on s’encourage avec amour, si l’on est en communion dans l’Esprit, si l’on a de la tendresse et de la compassion, alors, pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l’unité. Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ; pensez aussi à ceux des autres. Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : ayant la condition de Dieu, il ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.

Mt 21, 28-32 : En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : ‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.’ Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’ Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’ et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »


Publié le

dans