Mgr Bouilleret étant présent chez nous avec son conseil pastoral a présidé la messe de la Dédicace et a prononcé l’homélie pour partager ensemble le repas:
« Voici la demeure de Dieu parmi les hommes » Les Ecritures.
Elle est belle cette église de Notre Dame d’Acey. Elle est élancée, majestueuse, ancrée dans les siècles, d’une grande dignité.
Dans les débuts de la vie cistercienne, les goûts artistiques de Saint Bernard furent très controversés. Certains pensaient à son époque qu’il était loin de magnifier le beau. Pourtant Sain Bernard proposa les formes du beau les plus épurées.
Des propos cruels furent prononcés contre lui : « En somme, l’Abbé de Clairvaux manque de goût artistique et si, théoriquement, il respecte les formes du beau en vue de l’effet que sur autrui elles peuvent produire, en pratique et personnellement il les dédaigne. »
A la manière de Saint Jean Chrysostome, il fustigeait ceux qui ornaient d’or les édifices religieux. « Dites-moi, vous qui êtes des pauvres, si toutefois vous êtes de vrais pauvres, que fait cet or dans vos églises ? » « Ce sont certes deux cas que celui des évêques et celui des moines. » Apologie.
Simplicité, élévation et sobriété sont les édifices cisterciens. Celui qui est honoré est le Christ. Puisqu’il s’est fait pauvre avec les pauvres, laissons les églises dans une pureté simple.
Dans les préliminaires du rituel de la dédicace d’une église, le Christ est mis au centre : « Par sa mort et sa résurrection, le Christ est devenu le temple véritable et parfait de la nouvelle Alliance, et a rassemblé le peuple qu’il s’est acquis. »
De même, « de fait qu’elle est un édifice visible, cette maison offre un signe particulier de l’Eglise en chemin sur la terre, et une image de l’Eglise établie dans les cieux. »
Frères et sœurs, en célébrant la dédicace de cette abbatiale, nous fêtons un jour de naissance. Nous célébrons le jour où elle a été consacrée à Dieu. Le Seigneur habite désormais ce lieu. Il est devenu « une maison de prière ». Ici, la communauté y célèbre son Seigneur, la liturgie des heures y est priée, la prière personnelle s’y déploie dans l’intimité du cœur. Le Christ se rend visible par la présence de l’autel, de la liturgie eucharistique et du partage fraternel de la paix.
Toutefois, nous pouvons entendre une parole surprenante de Jésus dans l’Evangile de Jean « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai » l’évangile précise : « Il parlait de son corps. » (Jean 2,19-21). Nous célébrons deux temples, celui de pierre qui nous rassemble et le temps vivant que nous formons comme corps du Christ. Lorsque nous sommes à l’intérieur d’une Eglise nous laissons Jésus-Christ venir nous habiter.
Cette église a vocation à être habitée. Elle est ouverte à tous. Ce lieu consacré a marqué l’invitation à toute la famille des croyants à se rassembler pour prier, écouter la Parole et célébrer l’Eucharistie, se réconcilier et se soutenir dans l’épreuve.
Nous pouvons nous laisser habiter par quelques interrogations :
Est-ce que je me laisse habiter par la présence de Dieu en ce lieu ?
Est-ce que je me laisse construire comme pierre vivante de l’Eglise du Christ ?
Est-ce que je me laisse transformer par le Seigneur pour devenir disciple-missionnaire ?
Nous pouvons faire nôtre cette prière :
« Seigneur Jésus, toi qui a voulu que cette église soit une maison de prière, renouvelle aujourd’hui sa dédicace dans nos cœurs, fais de nous des pierres vivantes, unies à toi, pierre angulaire. Que tout ce qui se vit en ces murs – prières, sacrements, rencontres, conversion, te glorifie et construise ton Corps, l’Eglise. »
Prions Notre Dame d’Acey, Marie qui a porté Jésus-Christ en son sein. Elle est devenue le tabernacle de Dieu. Elle a suivi son Fils jusqu’au calvaire et au tombeau. Elle est notre mère et mère de l’Eglise.
+ Jean-Luc BOUILLERET
Archevêque de Besançon


