Première lecture : Jr 20, 7-9 Deuxième lecture : Rm 12, 1-2 Évangile : Mt 16, 21-27
Pour une fois le salut se manifeste en couleurs très personnelles ce dimanche dans toutes les lectures. Le salut est personnel et en plus devons accueillir ce salut comme Jésus qui est ressuscité par son Père et non essayer de nous sauver nous-mêmes. Alors pour bien entrer en ce salut, demandons au Seigneur de nous accueillir en Sa miséricorde
* * *
Jérémie manifeste dans la première lecture sa relation si personnelle, voire passionnelle avec Dieu. Il nous apprend la puissance de l’appel de Dieu et les résistances que cela engendre en lui comme dans le Peuple : sa croix à lui c’est la raillerie … l’insulte et la moquerie de tout son Peuple. Mais Dieu est plus pressant que son désir d’être accepté par le peuple : Jérémie persévèrera à annoncer à temps et le plus souvent à contretemps la Parole de Dieu jusqu’à être emmené de force en Egypte où il aurait été lapidé. Jérémie a préféré donner sa vie pour la Parole et l’a ainsi sauvée.
Le psalmiste, lui le proclame : « Ton amour vaut mieux que la vie » Il vit aussi une relation toute proche avec Dieu, son Dieu et donne sa vie dans la louange et la quête de Dieu dès l’aube. Le don de sa vie est moins conflictuel, plus communautaire. Il est avec ses frères chantres au Temple louant Dieu dès l’aube. Sa croix à lui est le désir ardent de Dieu jamais pleinement étanchée.
St Paul encourage les Romains à présenter leur corps – leur personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là … la juste manière de rendre un culte à Dieu. Le sacrifice jusqu’au martyre de Jérémie se combine dès lors à celui de louange du psalmiste.
Et voila que l’Evangile nous invite à suivre ce chemin du don de soi, d’abord en nous dépouillant de nos illusions : Pirre n’a plus le beau rôle de confesseur de la Foi ici. Il doit apprendre à demeurer disciple. « Celui qui veut sauver sa vie la perdra. » A 6 reprises, le mot « sa » est critiqué. Le salut en solo est annoncé rudement comme un échec. Ce n’est probablement pas ce que nous avons appris à l’école. Il nous est difficile de concilier amour de Dieu et amour de la vie, à comprendre comment « gagner sa vie », « faire sa vie », « réussir sa vie » nous empêche d’entrer dans le Royaume : « qui perd sa vie à cause de moi la trouvera.»
La clé est le désir : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite » et la conséquence est logique : « qu’il renonce à lui-même » Nous la vivons tous, cette heure du choix et nous lui préférons souvent le non choix, le choix des deux options en même temps.
Pourtant la conséquence est logique : « qu’il renonce à lui-même. » En effet, si vous vous devenez disciples itinérant de Jésus qui n’a pas de pierre où reposer la tête, alors vos propres plans et sécurités ne sont qu’un sac trop encombrant. Jésus le dit clairement, rudement même à Pierre : « Passe derrière moi » c’est-à-dire, redevient disciple et non plus juge de Jésus.
Mais rien ne sert de renoncer à soi-même si ce n’est « à cause de Jésus. » Si c’est une autre manière de vivre sa vie, cela ne mène pas au salut.
Il faut donc développer cet attachement viscéral de Jérémie, ce désir durable du psalmiste et renouveler comme nous y appelle St Paul notre « façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. »
Rude rentrée donc que nous propose l’Eglise qui se tourne en prière vers Dieu qui seul saura retourner nos cœurs encore et encore vers Lui comme le disait la prière d’ouverture :
Dieu puissant de qui vient tout don parfait, enracine en nos cœurs l’amour de ton nom ; resserre nos liens avec toi, pour développer ce qui est bon en nous …
C’est dans le Corps du Christ, l’Eglise qui suit le Christ,
C’est dans le Corps du Christ, sacrement de la vie donnée pour nous que nous laissons Dieu enraciner en nous l’amour de son nom. Amen
