Anniversaire de la Dédicace de Notre-Dame d’Acey
Vendredi 26 septembre 2025
Bienvenue chez Notre Dame ! Notre Dame d’Acey ! Par sa disposition même, notre église nous mène à la rencontre de la Trinité. Placée à l’entrée du chœur, portant son enfant, Marie apporte nos vies à Dieu en tenant Dieu dans ses mains pour l’offrir. Et nos regards glissent vers l’autel dont Jésus est le prêtre, la victime est l‘autel à la fois. Nous n’en restons pas à la douceur de la Mère et de l’enfant mais entrevoyons que l’Incarnation est dramatique ce qui élève nos regards vers la Croix où se joue le Salut. Et la Croix renvoie sur celle des trois ouvertures la plus proche, signe discret de Dieu au-delà de notre Eglise. De Marie à la Croix via l’autel, nous voici amenés à la contemplation de la Trinité.
En effet, il convient de ne pas enfermer Dieu ici. Salomon nous le dit dans la première lecture (1 R 8, 22-30) : « Est-ce que, vraiment, Dieu habiterait sur la terre ? Les cieux et les hauteurs des cieux ne peuvent te contenir : encore moins cette Maison. » Ainsi, au-delà de toute la belle oeuvre entreprise pour Dieu, Notre Seigneur demeure déjà là et au-delà. Heureusement, sinon Il ne serait qu’une idole statique faite de mains d’homme. Cette Maison mérite tout notre respect amoureux puisqu’elle est dédiée à Dieu. Dieu s’y rend réellement présent (subsistitit in) de multiples manières, de l’autel à la croix de l’autel, de la présence réelle à la Parole de Dieu qui y est proclamée, des personnes qui la visitent à celles qui s’y réunissent pour rencontrer Dieu et y deviennent Peuple de Dieu.
Cette église ne peut contenir Dieu en le limitant mais elle peut l’accueillir, comme nous-mêmes ne pouvons avoir ni toute la vérité qui est Jésus-Christ, ni toute la piété si admirablement présente dans les chœurs angéliques. Nous sommes un reflet de la Gloire de Dieu et prenons pleinement sens quand nous sommes unis à tous nos frères et sœurs croyants en un seul Peuple de Dieu.
Nous fêtons donc notre reflet particulier dans le diamant qu’est l’Eglise du Jura, l’Eglise cistercienne, dans ce polyèdre qu’est l’Eglise Catholique. Nous avons pour vocation non seulement de nous intégrer dans l’éternelle polyphonie de la louange mais encore d’y contribuer heureusement par notre prière et notre action de grâce.
Notre Dame d’Acey, oui. Et pourtant ce n’est pas un Evangile où Notre Dame est présente explicitement qui nous dit la Bonne Nouvelle du jour, mais l’Evangile de Zachée, Evangile de mouvement extérieur et intérieur, personnel et communautaire.
Nous avons un exemple réussi de cet engagement de tout l’être avec Zachée qui, à défaut de montagne sainte, grimpe au sycomore, s’exposant à la rencontre et y devenant obéissant à la parole que Jésus lui adresse :
Il a risqué sa réputation en adoptant une position un brin ridicule pour voir Jésus.
Il a pris le temps d’être présent à l’heure où Jésus ne fait que passer pour en profiter pleinement.
Il a écouté et donc,
Il a obéi et le salut est arrivé dans sa maison. Alors, il en vient à illustrer la grâce de sa rencontre pour manifester à tous ceux qui protestent contre Jésus mangeant chez un pécheur qu’il est effectivement sauvé. Et d’autres, autour de lui, en ont bénéficié pour recevoir la moitié de ses biens, voire la compensation d’un éventuel tort qu’il aurait causé. Son salut se traduit en partage et en réconciliation. Puissions-nous l’imiter.
Ce jour fête la Dédicace de notre Eglise, est la fête de chacun de nous selon nos vocations différenciées d’Enfants désirés par Dieu notre Créateur pour devenir pleinement ses enfants d’adoption. Alors réjouissons-nous de notre appel individuel et communautaire : le Seigneur nous donne des frères avec qui avancer et se relever, alors rendons-en grâce à Dieu.
Puissions-nous, chacun de nous et tous ensemble, devenir Zachée, saisir l’occasion de la rencontre dans cette Eucharistie et en vivre durablement, animés du fol enthousiasme de Jésus s’invitant chez Zachée, de Zachée accueillant Jésus, Salut incarné, de Zachée invitant de l’Eglise choisissant de nous livrer ce texte pour nous construire comme Eglise de pécheurs pardonnés et donc missionnaires de l’Espérance.
Amen
