Évangile : Lc 9, 28b-36
2ème dimanche de Carême 2025 – Année C
Genèse 15, 5-12.17-18 Philippiens 3, 17 à 4,1 Luc 9, 28b-36
La Transfiguration fut certainement un moment décisif dans la vie de Jésus. Mais avons-nous perçu l’impact que cet évènement, hors du commun, a pu susciter chez les trois disciples qu’il avait emmené avec lui sur la montagne et qui seront ainsi les témoins privilégiés de cette scène bouleversante.
Ces disciples, depuis le jour où, au bord du lac, ils ont tout quitté pour suivre Jésus, ont appris, grâce à leur compagnonnage quotidien avec Lui, à Le connaître intimement avec des liens de confiance de plus en plus intenses : « A qui irions-nous, Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle ? »
Et cependant, jusqu’à cet épisode de la Transfiguration, ils auraient été bien incapables de saisir l’identité plénière de celui qu’ils appelaient Maître et Seigneur.
Et voilà que sur la montagne, alors que Jésus priait, « l’aspect de son visage devint autre et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. »
Ce n’est plus seulement le “Maître” qu’ils aiment et admirent qu’ils ont devant leurs yeux éblouis, mais la présence d’un “Autre” qui ne relève plus de leur expérience ni de leur savoir.
L’homme Jésus est bien toujours présent devant eux. Ce n’est pas un fantôme. Et pourtant, toute sa personne est transformée. C’est en fait Celui que la Bible nomme le « Tout-Autre » qui se révèle à eux ! Celui-là même qui s’était manifesté à Abraham (Jésus dira lui-même en St Jean : « Avant qu’Abraham fût, je suis ! ») ; Celui qui s’est également manifesté à Moïse et à Elie, lesquels – également sur une haute montagne – avaient été bénéficiaires de la manifestation de Dieu.
Désormais rien ne sera plus comme avant pour ces trois disciples. Leur vie d’homme ne sera pas moins difficile qu’auparavant, mais ce dont ils ont été les témoins sur la montagne leur permettra, malgré les coups durs de l’existence et leurs propres chutes, de surmonter les épreuves à venir et, quoi qu’il arrive, de rester fidèles à Jésus.
C’est d’ailleurs ce que les commentaires soulignent volontiers à propos de la Transfiguration. Cet épisode sera un puissant soutien, lorsque les disciples seront confrontés à la tragédie de la passion et de la mort sur la croix de Jésus. Voilà pourquoi l’Église nous propose aussi cet épisode de la Transfiguration dès la 2ème semaine du Carême pour nous affermir dans la foi et l’espérance.
Mais la Transfiguration de Jésus, où se dévoile, lors de la Transfiguration, sa véritable identité divine, ne peut que porter à son paroxysme le scandale de la passion-crucifixion ? Prétendre que celui qui souffre et meurt dans de terribles souffrances, abandonné de tous, est Dieu lui-même, est proprement inconcevable pour nos logiques humaines et nous représentations religieuses.
Cette prise de conscience vertigineuse aurait pu être fatale pour les trois disciples. Mais, éclairés et soutenus par l’Esprit-Saint, ils sont demeurés fermes dans leur foi au Christ, malgré leurs infidélités et leurs chutes, (pensons au reniement de Pierre et à la fuite de tous les disciples).
Ainsi en va-t-il aussi, Frères et Sœurs, pour nous qui croyons en Dieu, et faisons confiance à Jésus. Confrontés aux scandales dans l’Église comme dans la société, et à la tragédie d’un monde de plus en plus violent et injuste, nous aurions toutes les raisons du monde de douter de l’amour de Dieu et de la victoire de Jésus ressuscité sur la mort et le mal. Mais un monde sans Dieu serait bien plus absurde et scandaleux !
Aussi, Frères et Sœurs, ne cessons pas de rendre grâce pour le don inestimable de notre foi, et gardons toujours dans la mémoire de notre cœur les mots que Saint-Paul nous adressait dans la seconde lecture : « Nous attendons comme sauveur, le Seigneur, Jésus Christ, lui, qui transformera nos pauvres corps, à l’image de son corps. Glorieux (…) Ainsi, mes frères mes bien-aimés, tenez bon dans le Seigneur. »
* * *
