6ème Dimanche de Pâques 2026
« Mieux vaudrait souffrir en faisant le bien, si c’était la volonté de Dieu, plutôt qu’en faisant le mal. » Voilà ce que nous disait St Pierre dans la deuxième lecture. Et ces jours nous donnent l’occasion de le confirmer.
19 ! Ils sont 19 martyrs d’Algérie, martyrs des années de plomb. Nous les avons fêtés au jour de leur mémoire liturgique le 8 Mai. Nous en faisons mémoire exceptionnellement à l’occasion du trentième anniversaire de la mort de nos 7 frères de Tibhirine, par une messe hier à 18 h à ND de Paris, la Messe télévisée dans notre Maison-Mère d’Aiguebelle à laquelle contribuent trois de nos frères autour du Cardinal Vesco, enfin, à Cîteaux par cette journée présidée par le Cardinal Aveline, grand spécialiste de Théologie des Religions.
Pourquoi nos frères sont-ils morts en dehors des circonstances politico-religieuses du moment ? Parce qu’ils faisaient le bien, de deux manières : ils guérissaient les malades et chassaient les esprits de peur… comme les disciples dans la première lecture. Pour cela, ils sortaient dans la liberté de l’Esprit de leur monastère quand ils y étaient appelés, le Bienheureux Luc comme médecin, tel ou tel frère pour être présent aux évènements de la vie des villageois, manifestant leur esprit de résistance à la peur ambiante. Ils sont morts parce qu’ils sortaient à la demande de leurs frères et sœurs, signe de l’Amour universel.
Oui, c’est en alliant Amour de Dieu et Amour des Hommes sans frontière politique ni religieuse qu’ils sont devenus des cibles. C’est en persévérant dans ce don d’eux-mêmes qu’ils sont devenus des Martyrs, tous les 19, chacun selon sa mission et le charisme de leur congrégation religieuse. Comme le Christ « a été mis à mort dans la chair ; mais vivifié dans l’Esprit», ils ont donné leur vie dans l’Espérance de la Vie. C’est en donnant leur vie au goutte à goutte de longues années puis ce qui restait tout d’un coup qu’ils sont devenus des témoins lumineux pour notre temps, eux et tout ceux qui dans le même choix ont persévéré sans être mis à morts. Oui, ils ont gardé les Commandements du Seigneur, tout simplement.
« Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. » dit Jésus dans l’Evangile. Garder les commandements, ce n’est pas les mettre dans une housse étanche pour qu’ils ne s’abiment pas, ni les brandir, comme une pancarte pour mal aimer, mal traiter qui que ce soit mais pour les ouvrir, les contempler, les faire nôtres, enfin les vivre au quotidien, quitte à se salir les pieds en allant au-delà de nos frontières habituelles.
Et ces commandements à garder, qu’est-ce sinon l’Esprit Saint Lui-même que Jésus nous fait donner par le Père. l’Esprit Saint interprète les Commandements, ces Paroles de Vie dans notre Vie d’aujourd’hui. Et c’est l’Esprit Saint qui nous donne de faire le Bien qui est la volonté de Dieu. Ce n‘est pas une Loi extérieure mais une inspiration, comme une douceur intérieure, non la volonté d’autrui, fut-il Dieu Lui-même, mais l’adhésion de notre volonté, de notre désir profond à l’harmonie de la Vie divine, non une fatalité qui s’impose à nous mais un libre choix de Vie.
C’est le sens de la demande de la prière d’ouverture de ce jour : « que le mystère de Pâques dont nous faisons mémoire reste présent dans notre vie et la transforme. »
Oui, laissons-nous transformer, ressusciter par le cœur, jusqu’à soupirer dans l’attente du Royaume que commence à poindre déjà. Oui, c’est fête aujourd’hui : de la Samarie aux Bien-aimés à qui s’adresse Pierre, de Cîteaux à Aiguebelle et ici aussi, c’est fête aujourd’hui car c’est Temps de Pâques, Temps de Résurrection du Christ et donc pour nous, que l’Esprit Saint vient vivifier et, cerise sur le gâteau de ce jour, nous recevons à nouveau 19 amis du Ciel pour nous ouvrir le passage en premiers de cordée qui nous assurent sur l’Ascension à la suite du Christ Ressuscité qui nous rapproche ainsi tous du Père.
