Première lecture : 1 R 19, 9a.11-13a Deuxième lecture : Rm 9, 1-5 Évangile : Mt 14, 22-33
Matthieu 14, 22-33
Frères et Sœurs,
Ma question vous surprendra peut-être !… Vous êtes-vous déjà demandé : Pourquoi je prie ? Pourquoi je participe à la messe ? Ou encore : Pourquoi je lis la Bible, je prie les Psaumes ?…
Même si, la plupart du temps, nous n’en avons pas conscience, les différentes composantes de notre vie de baptisés, tant au plan personnel que communautaire, n’ont d’autre raison d’être que de nous introduire dans une connaissance de plus en plus profonde, intime, du Mystère de notre Dieu, et donc, tout particulièrement, de la personne du Christ Jésus puisqu’il est, comme il l’affirme lui-même, « le Chemin, la Vérité et la Vie », en dehors de qui nul ne peut connaître le Père et parvenir jusqu’à Lui. Affirmations à ce point radicales qu’elles provoquent chez nombre de nos contemporains un rejet viscéral.
Mais revenons à notre Évangile de ce dimanche ! L’épisode si connu de l’apôtre Pierre marchant sur les eaux – épisode malheureusement bien souvent réduit au rôle d’une histoire édifiante… ou amusante – n’a d’autre but, comme d’ailleurs tout l’Évangile, que de nous permettre, comme je l’ai déjà dit, d’entrer dans une connaissance de plus en plus profonde du Christ-Jésus et d’enraciner notre confiance en Lui.
Certes, nous croyons en Jésus puisque nous invoquons son Nom, que nous le célébrons, que nous recevons le Pain de sa Parole et de son Eucharistie. Mais le plus souvent, notre foi, comme celle de l’apôtre Pierre, paniquant devant la force du vent, notre foi est fragile, incertaine, fluctuante. Il nous faut alors bien reconnaître que nous n’avons pas réellement tout misé sur Lui pour lui faire confiance envers et contre tout.
L’Apôtre Pierre en donne un bon exemple. Avant même d’avoir mis le pied sur l’eau, il avait posé un acte de foi étonnant en la puissance divine de Jésus : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Carseul Dieu a pouvoir sur les éléments comme ce fut le cas lorsqu’il ouvrit la Mer Rouge pour que le peuple traverse à pied sec.Mais très vite Pierre, voyant la force du vent, panique et commence à enfoncer. Il croit en Jésus, mais ne lui fait pas radicalement confiance.
Et nous-mêmes, nous sommes bien de la même pâte ! En bien des circonstances, au lieu de maintenir notre regard fixé sur lui, nous nous laissons gagner par la peur. C’est alors qu’à chacun et chacune de nous Jésus, comme à Pierre, adresse cette parole : « Homme-Femme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et il pourrait ajouter : « Pourquoi dans ta vie, dont, mieux que quiconque, je connais les zones d’ombre et les moments de découragement (mais aussi la beauté), pourquoi doutes-tu de ma présence ? – Faut-il donc que tu attendes d’être acculé à une détresse extrême pour te tourner vers moi et crier : “Seigneur sauve-moi !” ? »
Notre foi en Jésus n’est certes pas une assurance tout risque nous préservant des coups durs de l’existence. Les événements si souvent déconcertants, éprouvants, font partie de notre condition humaine et Jésus lui-même y a été confronté, subissant de plein fouet le mensonge, la lâcheté et la violence humaine jusqu’à mourir crucifié comme le dernier des condamnés.
Jésus est bien le seul qui puisse nous sauver, c’est-à-dire non pas tant nous arracher à un mauvais pas, qu’à travers les épreuves et les drames de l’existence, nous conduire à la plénitude définitive de la Vie et de la joie.
« Seigneur sauve-moi ! », ou plutôt « Sauve-nous ! » Car nous ne sommes jamais seuls. Comme les disciples dans la barque nous sommes en Église, une communauté de foi, d’espérance et d’amour où, malgré bien des lourdeurs et des trahisons, non seulement, tous les membres sont solidaires les uns des autres, mais se savent également en responsabilité par rapport au monde et à son avenir.
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