Homélie du 02/08/2026 18e dimanche ordinaire année A par Père Raphaël

Première lecture : Is 55, 1-3 Deuxième lecture : Rm 8, 35.37-39 Évangile : Mt 14, 13-21

« Les yeux sur toi, tous, ils espèrent : tu leur donnes la nourriture au temps voulu ; tu ouvres ta main : tu rassasies avec bonté tout ce qui vit. »

Cette affirmation du Ps 144, Jésus la réalise pour ce peuple pour lequel il est saisi de compassion : plus que les nourrir, il les rassasie. Or qui fait cela dans notre Psaume ? C’est Le Seigneur. En accomplissant ce miracle, le Christ sans le dire explicitement manifeste sa Seigneurie, sa nature divine. Comme Dieu a nourri de la manne son Peuple,  au désert et nous sommes au désert, (répété deux fois)  Jésus nourrit les foules après les avoir guéries.

Remarquons que Jésus ne veut pas manifester directement sa Seigneurie de manière écrasante entre tonnerre, trompettes et tremblements de terre, mais humblement. Il demande donc la coopération de ses disciples pour qu’ils lui donnent leur petit peu qu’ils croient insuffisant et pour distribuer à la foule : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons.» Leur vision est réductrice, tout humaine. Leur petit peu se révèle suffisant et plus que suffisant puisqu’il conviendra de ramasser les morceaux.

Par là, après avoir guéri les foules, Jésus guérit les disciples qui voulaient éloigner le problème des foules à nourrir, s’en dispenser et fait naître une solidarité vitale entre disciples et foules, première étape de l’évanélisation par la vie.

Le Seigneur n’a pas changé sa méthode aujourd’hui : il désire toujours que nous lui donnions le peu que nous avons pour servir les foules, espérer qu’il saura en faire assez et plus qu’assez et enfin que nous lui donnions le peu que nous sommes et nous mettions à sa disposition pour distribuer sa nourriture, puis encore une fois pour collecter la surabondance.

Remarquons que ce n’est pas un tour de magicien qui tirerait le pain d’un sac bien caché, mais la prière du Fils vers son Père, prière de bénédiction qui permet la fécondité du partage des disciples. C’est aussi le pain rompu, préfiguration de la croix et non le pain entier qui est donné. C’est le pain qui a traversé l’épreuve, la souffrance et la mort qui en devient fécond au contact des mains de Jésus. Si Jésus l’a pris, béni et rompu, ce n’est pas pour le garder jalousement, mais pour le donner généreusement. Ainsi en plus du manque d’Espérance qu’il vient de guérir chez ses disciples, nous compris, Jésus nous montre comment nous donner.

Notons où nous sommes dans ce miracle : au désert où il s’est retiré. Les foules se sont concertées et l’ont rejoint. Elles lui demandent par leur présence, sa présence bienveillante, guérissante et nourrissante. Nous ne sommes plus dans son lieu d’origine, pas encore en terre païenne comme lors de la seconde multiplication des pains au chapitre suivant. C’est une nouvelle étape de son ministère qui s’ouvre : Jésus vient d’entendre dire par les disciples de Jean-Baptiste que celui-ci a été décapité et il est s’est éloigné, au désert. Les foules ont écouté que Jésus est parti au désert, comme en deuil de Jean, et par leur simple présence ramènent Jésus à leur service, c’est-à-dire à sa mission. Et nous en apprenons que Jésus vient là où nous l’appelons, dans l’impasse de n’avoir pas assez, dans nos infirmités et non pas dans ce qui va bien en nous.

Jésus va au-delà de guérir nos infirmités et nourrir nos faims. Il donne libéralement, comme à Cana le vin. Dans chaque scène de multiplication des pains ce sont des corbeilles pleines. Ce n’est pas le nécessaire mais le rassasiement et encore la surabondance : les invités sont rassasiés et même les corbeilles sont pleines.

Jésus n’est pas venu pour abolir la Loi, signifiée par ces 5000, mais pour l’accomplir en faveur du peuple signifié par ces 12 corbeilles. Jésus, après avoir triomphé, au désert des Tentations, de Satan, nous comble de ses grâces pour nous donner la Vie éternelle jusqu’au prix de la Croix où il se livre en nourriture surabondante pour la vie éternelle cette fois. C’est ce dont nous allons maintenant faire mémoire.


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