Homélie du 07/06/2026 pour la Solennité du Saint-Sacrement par Père Raphaël

Première lecture : Dt 8, 2-3.14b-16a Deuxième lecture : 1 Co 10, 16-17 Évangile : Jn 6, 51-58

Saint Sacrement 2026

Chaque année, nous fêtons le Saint Sacrement du corps et du sang du Christ, avec des lectures différentes et complémentaires.
Dans notre première lecture, nous découvrons la pédagogie du Seigneur :
Le Seigneur notre Dieu donne le tempo en 3 temps comme une valse :
« Le Seigneur ton Dieu … t’a fait passer par la pauvreté, il t’a fait sentir la faim, et il t’a donné à manger la manne – cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue – pour que tu saches que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. »
Ces trois temps sont :
– pauvreté et non misère : ce long pèlerinage du peuple ne l’a pas usé, pas plus que ses sandales ni ses vêtements : c’était le temps des fiançailles
– faim et nourriture : la faim suscite le désir, rend attentif comme un chasseur à l’affut de sa proie, comme un tout petit à la cuillère qui approche pour la becquée.
– reconnaissance que nous sommes en besoin de nourriture par la faim et leçon que nous sommes plus que nos besoins : « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. »
La manne est le pain de la marche au désert. Mais le Corps et les Sang ne sont pas donnés tout au long de la prédication publique de Jésus. Ils sont donnés, en petit comité, dans les heures qui précèdent la Passion. Les pains, ils les ont oubliés ou emportés, reçus et vu multipliés. Jésus les préparait à un pain à la fois semblable à la nourriture quotidienne d’un méditerranéen de leur temps et à un dépassement inouï :

« Le voici, le pain des anges, il est le pain de l’homme en route. »

Jésus ne donne rien d’autre que lui-même. Il en mourra peu après s’être livré aux siens. Lui qu’on ne pouvait saisir car son Heure n’était pas venu, le voilà donné. Et comme toute grâce de Dieu, il n’y a pas de retour en arrière. Donné c’est donné !

Notre Évangile se déroule à la synagogue de Capharnaüm peu après la multiplication des Pains.
Jésus s’y est fait reconnaître: « À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. » » Mais il ne s’arrête pas à cette reconnaissance car « Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ». En répondant au besoin des foules, Il s’est mis en danger.
Il a dévoilé qui il était. Il va le préciser ici : « Moi, je suis le pain de la vie. »
Il est plus que le multiplicateur des dons du jeune garçon aux cinq pains d’orge et deux poissons. : « Moi, je suis le pain de la vie. »
Ce « Moi, je suis » qui est le nom de Dieu révélé à Moïse au Sinaï, dit à des pratiquants est une provocation. Quand il le dira au Temple on voudra le lapider car il s’est fait l’égal de Dieu.
En ajoutant « le pain de la vie » il provoque à le croire en opposition à la révélation où le cannibalisme est la malédiction finale liée à l’apostasie d’Israël et au désespoir. Viande oui, mais jamais humaine et moins encore son sang sous peine de mort. « Si quelqu’un verse le sang de l’homme, son sang sera versé par l’homme, car Dieu a fait l’homme à son image. » (Gn 9, 6)

Or Jésus en fait une condition de la Vie Eternelle.


Publié le

dans