Homélie du 17/05/2026, 7e dimanche de pâques année A par Père Jean-Marc

Évangile : Jn 16, 29-33

Ce 7ème Dimanche de Pâques a été choisi par l’Église comme « Journée chrétienne de la communication ».

Une réalité essentielle pour toute vie en société, même si, malheureusement, elle est bien souvent marquée par les multiples déviances de la désinformation et du mensonge.

En tout cas, avec l’Évangile de ce jour (au chapitre 17 de St Jean) c’est bien de « communication » qu’il s’agit aussi, puisque l’évangéliste saint Jean, en nous introduisant dans la grande prière de Jésus à son Père, quelques heures avant le drame de sa passion et de sa mort sur la croix, nous partage ce qui est cœur de sa relation avec son Père… comme de sa relation avec nous.

Mais, il faut bien le reconnaître, cette prière est d’une telle densité que nous avons du mal à assimiler les mots entendus et à les faire nôtres.

Nous peinons à suivre l’enchaînement de la pensée du Christ et à comprendre ce vocabulaire étrange qui ne correspond guère au langage auquel nous sommes habitués. Jésus évoque  “l’heure” : « Père, l’heure est venue. » ; il parle aussi de “gloire” et de “glorification” : « Père glorifie-moi auprès de  toi de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. » ; ou encore de “vie éternelle” : « la Vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé Jésus-Christ. »  

Comme si nous étions transportés dans un autre univers !… Et c’est bien d’un sacré dépaysement qu’il s’agit puisque Jésus, par son Ascension, est entré dans le monde de Dieu. Ce monde infiniment mystérieux – qui correspond si peu à ce que nous connaissons –  d’où il était sorti pour venir jusqu’à nous (« Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils Unique »), afin de nous révéler le Père et nous ouvrir un chemin jusqu’à lui : « La Vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé Jésus-Christ. »

 La connaissance dont il est ici question ici n’est en rien une démarche intellectuelle, mais bien plutôt une expérience qui doit saisir tout notre être. En d’autres termes, la plénitude de bonheur à laquelle nous aspirons tous – mais que malheureusement nous cherchons le plus souvent sur de fausses pistes et des chemins sans issue – nous ne pouvons la goûter qu’en nous mettant à l’écoute de Jésus, puisque lui seul peut nous permettre d’accéder au Père, d’entrer dans son intimité et d’y trouver notre repos, selon les mots si connus et si justes de Saint Augustin : Tu nous a faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi. » 

Frères et Sœurs, dans notre relation personnelle et communautaire avec Dieu, nous ne sommes pas faits pour en rester à un rôle de spectateurs plus ou moins distants. Nous avons, au contraire, vocation à être immergés dans ce monde nouveau où Jésus, par son Ascension, est entré le premier et pour lequel il nous prépare par son Esprit. D’où l’importance vitale de l’Esprit dans nos vies de chrétiens. C’est Lui, l’Esprit Saint, qui nous introduit dans l’intelligence de la Parole de Dieu ; Lui qui nous enseigne et rectifie ce qui est faussé en nous ; Lui qui nous ajuste à la volonté du Seigneur afin que nous devenions des “vivants” et que nos existences lui rendent gloire. Vivants, c’est-à-dire libérés de tout ce qui nous aliène, nous replie sur nous-mêmes et fausse notre relation avec Dieu et avec les autres.

Vous me direz, tout cela est bien beau, mais ces grandes pensées nous dépassent totalement alors que nous sommes confrontés à un quotidien difficile, éprouvant, qui n’invite guère à de profondes méditations.

Mais c’est justement afin de nous permettre de demeurer fermes dans ce quotidien difficile, éprouvant, que le Seigneur Jésus désire tant nous introduire dans la relation d’amour qui l’unit à son Père. Rien de ce que nous sommes et de ce que nous vivons ne leur est indifférent : « Moi, je prie pour ceux que tu m’a donnés, car ils sont à toi. ».

Jésus, monté auprès de son Père, ne nous abandonne pas. Il nous donne sa parole vivifiante et sa présence sanctifiante. Et son Esprit devient notre Paraclet, notre Avocat, notre Défenseur.

Voilà pourquoi, en ces jours qui nous préparent à la Fête de la Pentecôte, il est essentiel de préparer nos cœurs et nos esprits à être renouvelés par l’Esprit, à nous laisser saisir par son dynamisme.

Ne cessons donc pas d’invoquer l’Esprit. Prenons le temps, dans nos journées, de prier le Père de nous accorder ce don essentiel. Surtout demandons-le par le Nom de Jésus, car le Père ne peut rien refuser à son Fils bien-aimé : « Si vous, tout mauvais que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père du ciel donnera-t-il l’Esprit à ceux qui le lui demandent. » (Lc 11, 13)

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