Homélie du 19/03/2026 pour la Solennité de St Joseph par Père Raphaël

Première lecture : 2 S 7, 4-5a.12-14a.16 Deuxième lecture : Rm 4, 13.16-18.22 Évangile : Mt 1, 16.18-21.24a

2 S 7, 4-5 a. 12-14 a. 16) Cette nuit-là, la parole du Seigneur fut adressée au prophète Nathan : « Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle le Seigneur : Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. C’est lui qui bâtira une maison pour mon nom, et je rendrai stable pour toujours son trône royal. Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils. Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours.

Ps 88, R/ Sa dynastie, sans fin subsistera.

L’amour du Seigneur, sans fin je le chante ; ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge. Je le dis : C’est un amour bâti pour toujours ; ta fidélité est plus stable que les cieux. « Avec mon élu, j’ai fait une alliance, j’ai juré à David, mon serviteur : J’établirai ta dynastie pour toujours, je te bâtis un trône pour la suite des âges. « Il me dira : Tu es mon Père, mon Dieu, mon roc et mon salut ! Sans fin je lui garderai mon amour, mon alliance avec lui sera fidèle. »

Rm 4, 13.16-18.22 : Frères, ce n’est pas en vertu de la Loi que la promesse de recevoir le monde en héritage a été faite à Abraham et à sa descendance, mais en vertu de la justice obtenue par la foi. Voilà pourquoi on devient héritier par la foi : c’est une grâce, et la promesse demeure ferme pour tous les descendants d’Abraham, non pour ceux qui se rattachent à la Loi seulement, mais pour ceux qui se rattachent aussi à la foi d’Abraham, lui qui est notre père à tous. C’est bien ce qui est écrit : J’ai fait de toi le père d’un grand nombre de nations. Il est notre père devant Dieu en qui il a cru, Dieu qui donne la vie aux morts et qui appelle à l’existence ce qui n’existe pas. Espérant contre toute espérance, il a cru ; ainsi est-il devenu le père d’un grand nombre de nations, selon cette parole : Telle sera la descendance que tu auras ! Et voilà pourquoi il lui fut accordé d’être juste.

Mt 1, 16.18-21. 24 a : Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ. Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.

Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit.

Saint Joseph 2026

Dieu l’a promis à David : « je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. » Promesse de 1.000 ans. Mais où est la royauté davidique ? Dieu aurait-il menti à David ? Ou bien, une fois de plus Dieu a-t-il accompli sa promesse de manière aussi paradoxale qu’en suscitant une descendance à Abraham et Sarah ?

Et ce Jésus, est-il de la lignée de David ? Oui … grâce à la loi romaine qui accorde le droit d’adoption au père par lequel un enfant devient son Fils, qu’il soit enfant biologique ou non de celui qui l’adopte. Joseph, en adoptant Jésus permet donc à Dieu de commencer à accomplir sa promesse.

Son songe d’Annonciation ne débouche pas sur un Fiat en paroles mais sur un acte inspiré : « Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit. »

Par son nom même de Joseph : « Celui qui ajoute » il prépare l’accomplissement par son fils de la Loi. Il ajoute à la descendance divine de Jésus sa noble descendance.

Oui Joseph pense, songe et agit. Et ses choix sont radicaux, durables et fidèles : il épouse Marie et la prend chez lui, s’exile, retourne en Israël, bifurque vers la Galilée, guidé de l’intérieur pour s’ajuster au réel.

Et à chaque fois, il renonce : à une descendance propre, à son atelier et à son pays. Et à chaque fois, il s’engage en prenant chez lui Marie, enceinte, puis l’enfant et sa mère par trois fois.

Sa vocation était de reconnaître et de veiller sur Jésus comme un père. 

Et il ne dit rien, ni chez Mt ni chez Lc. Il obéit, il agit, simplement. Pas de lettres à son nom, moins encore d’Evangile. Belle personne certainement, qui fut peu présent dans la Foi chrétienne aux premiers siècles, parce que n’étant pas martyr, il n’était pas vénéré comme saint. Et dans le même silence, il attendait son heure.

Les Ordres Mendiants l’ont mis à l’honneur dès le XIV°, Il est déclaré Protecteur et Patron de l’Eglise Universelle par Pie IX. Le Pape François a demandé qu’il soit cité aux 4 premières Prières Eucharistiques, en deuxième après Marie et lui a consacré une lettre apostolique, après les encycliques de  Léon XIII (en 1889) et Jean-Paul II (en 1989) soulignant son rôle permanent : « Appelé à veiller sur le Rédempteur, «Joseph fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit: il prit chez lui son épouse » (Mt 1, 24).

Dès les premiers siècles, les Pères de l’Eglise, s’inspirant de l’Evangile, ont bien montré que, de même que saint Joseph a pris un soin affectueux de Marie et s’est consacré avec joie à l’éducation de Jésus Christ, de même il est le gardien et le protecteur de son Corps mystique, l’Eglise, dont la Vierge sainte est la figure et le modèle.

Il bénéficie enfin d’une Préface propre dans le Missel, qui le couvre d’hommages : homme juste, serviteur fidèle et prudent, il veilla comme un père sur ton Fils unique.

St Joseph a deux autres qualités moins théologiques mais appréciables : il est fêté habituellement pendant le Carême, Solennité bienvenue pour enforcer notre marche vers Pâques et comme c’est une solennité, sa fête est toujours célébrée, même si elle est décalée, au même titre que l’Annonciation.

Alors c’est avec ses qualités que nous poursuivons notre Eucharistie, demandant la grâce de devenir justes, de nous ajuster aux appels de Dieu, aussi surprenants soient-ils en serviteurs fidèles et prudents. Nous servirons ainsi le successeur de David dont la royauté est stable pour l’ éternité.


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