Homélie du 27/04/2025, 2e dimanche de Pâques année C par Père Jean-Marc

Évangile : Jn 20, 19-31

Actes 5, 12-16             Apocalypse 1, 9-11a.12-13.17-19            Jean 20,19‑31          

Il faut bien le reconnaître, nous oscillons sans cesse entre crédulité et incrédulité !

La crédulité !… Notre société n’y échappe guère, soumise qu’elle est au dictat des réseaux sociaux, des influenceurs et manipulateurs en tout genre, et se laissant prendre au piège des « fausses nouvelles » et des théories les plus farfelues ou les plus subversives.

Quant à l’incrédulité : elle est de bon ton chez nombre de grands esprits qui se prétendent libres en récusant toute dimension spirituelle de l’existence et tout phénomène non rationnel… et donc la foi.

Mais venons-en à l’Évangile de ce jour !… L’apôtre Thomas, n’étant pas avec les autres disciples, lorsque le Seigneur ressuscité leur est apparu, refuse tout net leur témoignage et exige des preuves tangibles : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirais pas ! »

Huit jours plus tard, Jésus de nouveau présent interpelle Thomas : « Cesse d’être incrédule, sois croyant. »  Cela signifie-t-il que, dans notre démarche de croyants, le questionnement n’a pas sa place ?… Certainement pas ! Car la foi chrétienne est une affaire trop sérieuse pour être prise à la légère. Elle demande de notre part analyse et réflexion. Nos interrogations peuvent nous permettre de clarifier certaines obscurités et nous faire avancer dans la recherche authentique de Dieu et de sa Vérité.

Dans le passé on utilisait volontiers l’expression : « la foi du charbonnier », en référence à un comportement vaguement religieux se résumant à quelques pratiques, mais sans conviction ni engagement personnel. Une telle attitude n’a rien à voir avec la foi chrétienne à laquelle nous appelle notre baptême. Car notre chemin de foi n’est nullement une adhésion aveugle à des dogmes. Il est accueil et disponibilité à la Vérité de Dieu. Et la Bible, en nous transmettant la parole des prophètes et le témoignage des Apôtres et des saints témoins de l’Évangile, nous ouvre un chemin de vie et d’espérance. Comme nous le disait l’Apôtre Saint Jean en finale de l’Évangile de ce jour : « Ce qui a été écrit dans ce livre l’a été pour que vous croyez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et, pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. »

Tout est dit !… Que nous soyons seuls, ou avec d’autres, pour lire la Bible, pour prier ou célébrer notre foi… nous ne devrions pas avoir d’autre objectif que de nourrir et fortifier notre confiance en Jésus, le Fils de Dieu, et qu’ainsi, en croyant en Lui, nous ayons la Vie en son nom, Lui notre Espérance, notre Amour… à condition d’éviter l’écueil dans lequel l’apôtre Thomas s’est laissé piéger, à savoir : se croire capable d’assurer par lui-même ses convictions de foi en faisant abstraction de la médiation de la communauté ecclésiale.

 Je m’explique ! Ce que Jésus reproche à Thomas, c’est de penser pouvoir fonder sa foi par une démarche solitaire : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirais pas ! ».

 Et Jésus de proclamer alors cette béatitude qui nous concerne tous et que nous ne devons jamais oublier : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Thomas a cru parce qu’il a vu et touché le Ressuscité. Ce privilège réservé à quelques contemporains de Jésus n’est évidemment plus de circonstance à partir du moment où le Christ s’est rendu invisible à nos yeux. Désormais, ce n’est que par la médiation de l’Église, communauté des croyants animée par l’Esprit Saint, que nous pouvons connaître Jésus-Christ et entrer en relation avec lui.

En disant à Thomas : « Cesse d’être incrédule, sois croyant. », Jésus le guérit de ses réticences et de ces résistances. Et il le guérit de manière tellement radicale que Thomas exprime alors le plus bel acte de foi de toute la Bible : « Mon Seigneur et mon Dieu. »

Ce que Jésus réalise ainsi en Thomas, il le réalise aussi en nous « les jumeaux »… si nous voulons bien lui remettre nos existences et lui faire confiance.

Frères et Sœurs, depuis notre baptême Jésus Ressuscité demeure en nous. Il est l’Eau Vive qui seule peut combler nos vies assoiffées de bonheur et d’amour. Alors ouvrons toutes grandes nos portes ! Et avec Thomas disons-lui : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

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